vendredi 13 juillet 2012

Jour 18 - Le dépaysement de la routine!

Hello tout le monde!

Pour ceux qui ne sont pas d'humeur à se taper un pavé plus ou moins intéressant à lire, voici l'essentiel:
~Ma Cécile me rejoint début Septembre~


Et donc pour les courageux qui ont une après-midi à tuer:

Le temps file... Et hop, une nouvelle semaine qui défile à toute vitesse, et ce blog qui n'en fiche pas une! Alala, heureusement que je suis là pour rattraper le coup le week-end, je vous jure...!


Cette nouvelle semaine au boulot aura contribué à me caler dans un rythme routinier, et je commence à avoir mes petits rituels et mes repères! Mais en même temps, elle a apporté son lot de sensations et de nouvelles responsabilités! 


En gros, voilà à quoi ressemble une journée type:

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7h30
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 ~Reveil!
Le chant du coq japonais: 'kakékokko'
Une douce lumière matinale inexistante ne me caresse pas le visage car je vis dans une CAVE.
D'ailleurs, il n'y a pas de coq non plus.

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8h10
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Départ en vélo avec le sieur David (qui s'est lui aussi résolu à se procurer une bécane!), il nous faut une petite demi-heure pour faire le trajet SI TOUT SE PASSE BIEN.

voici quelques exemples de raisons éventuelles faisant que l'on se prévoit une marge de 20 minutes:
-Pluie et vent qui peuvent se lever à tout moment, impliquant soit de tenir la barre avec le parapluie en guise de voile, ce qui retarde considérablement notre progression, soit de s'engouffrer dans le métro le plus proche dans les cas extrêmes
-Poisse de se taper tous les feux piétons qui prennent une plombe (voir jour 5 pour preuve scientifique irréfutable)
-Crevaison
-Troupeau de travailleurs au pas militaire qui obstruent le passage, etc...
-Tsunamis
-Tremblements de Terre
-Crampes aux mollets 
 On commence tous les deux à 9h00, et nos bureaux sont à 5 minutes, ça en fait des coïncidences qui font qu'on peut faire la route ensemble!! 

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9h00
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Arrivé dans ma ville-gratte-ciel, je présente mon badge à la sécurité, et j'emprunte les gros monte-charges jusqu'à l'avant dernier étage, le trajet est long car non seulement il y a 10 kms à parcourir à la verticale (procédé d'exagération emphatique marseillais à caractère humoristique), on est de plus tellement remplis à ras-bord qu'il y a forcément au moins un employé qui s'arrête à chaque étage, ce qui fait que la montée peut parfois prendre 5 bonnes minutes, 5 minutes qui donnent leurs lettres de noblesse à nos amis les déodorants. Et oui, 30 minutes de vélo sous 30 degrés, c'est un coup à ce que les gens perdent connaissance! Je m'excuse platement pour que l'ironie du sort ait fait que les employés doivent endurer cette souffrance olfactive jusqu'à l'avant-dernier étage... (là aussi bien évidemment, exagération à caractère humoristique et petit clin d'oeil au roman de Nothomb! Même pas besoin de déo, c'est vous dire si je suis frais!).


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De 9:00 à 10:00
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Je donne des cours de conversation en anglais aux employés de mon département! Je dois préparer quelques sujets au préalable en rapport avec leur travail et les amener à être plus à l'aise lors des réunions avec leurs supérieurs anglophones. C'est intimidant pour moi car mon rôle de "prof" me place virtuellement en position de force, malgré mes deux pauvres semaines d'expérience et mon statut sous-terrain de stagiaire sous-fifre, alors que certains types face à moi sont des cadres qui ont plus de dix ans dans l'entreprise. Et malgré tout ça, c'est eux qui transpirent et stressent! Faut pas que je me laisse trop griser par cette sensation de puissance autoritaire instantanée, je vais leur coller des ZERO POINTES tellement ils sont NULS et le cours fini, le retour soudain à mon statut de ver de terre risque de me porter préjudice en terme de regard vengeur dans les couloirs. En plus j'avoue, y'en a qui sont pas mals... ("pas maux"?)


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De 10:00 à 12h : 
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C'est la phase ou on me charge souvent de travaux de traduction, du japonais à l'anglais. Je traduis divers documents, du rapport de réunion aux articles du journal interne à la boîte. Normalement en trad, on est censés traduire dans sa langue natale, afin d'obtenir une précision optimale en terme de nuances et tout... Donc bon là je filoute un peu, mais pour le moment ça se passe pas trop mal avec l'anglais comme langue natale par défaut...C'est vrai qu'à côté du japonais, s'exprimer en anglais devient une seconde nature!



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12h-13h
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La sacro-sainte pause déjeuner qui fait plaisir!
Bon, en fait d'une heure mon créneau repas effectif est plutôt de l'ordre de 15 minutes, avec l'enfer des ascenseurs mentionné plus haut, or je dois descendre acheter mon bento à la supérette du coin! Du coup, aller-retour interminable qui constituerait une digne suite au film d'horreur "l'ascenseur".


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13h-17h
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Je finis les traductions qui traînent, et je bifurque sur des travaux sur tableur Excel, on me demande pour le moment de créer des fichiers de statistiques sur les employés, en prévisions de réunions avec les corporates. Par exemple cette semaine j'ai passé mon temps à faire des pyramides des âges, en fonction de chaque département, du grade des employés, etc... On m'a demandé d'inventer un système d'information croisé afin d'avoir une vue d'ensemble sur l'effectif de la boîte, ce afin de servir de référence lors des futurs programmes d'embauche et d'ajustement de la masse salariale, donc une tâche assez importante tout de même! J'ai notamment pu faire éclater au grand jour les pratiques misogynes de la boîte, on voit clairement que plus on monte en grade, plus la tranche féminine se fait la malle. Mais je dis ça je dis rien!

Vous venez de lire le paragraphe le plus dénué d'intérêt de toute votre vie, c'est pas rien, surtout si comme tout le monde vous avez suivi le programme littéraire scolaire conventionnel.


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17h 
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La sonnerie de fin des cours retentit...Heuuuu pardon, réflexe. Rien ne retentit, on est libre de quitter le bureau en son âme et conscience, bien qu'il soit fortement recommandé de rester jusqu'à achèvement de la tâche en cours (de fait la plupart des employés restent souvent jusqu'à 20h). Bon faut pas trop fabuler sur le cliché du sens du devoir propre aux japonais (bien présent ceci dit!), les "zangyo" (heures sup') sont bel et bien payées, et majorées! Enfin sauf pour les stagiaires évidemment... D'où le fait qu'à 17h pétantes je te me FOUS le camp! Non c'est même pas vrai une fois je suis resté jusqu'à 19h... Juste parce que c'était sur ma check-list culturelle, les fameux "zangyo"... "AAaaaah alors c'est donc ça!".

Dans l'ensemble je ne suis pas débordé de travail, mais il m'arrive de devoir préparer des trucs à la maison le soir, et de me retrouver avec plusieurs tâches sur le feu en même temps, et de devoir rendre des comptes en permanence quant à l'avancée de mon travail à plusieurs supérieurs en même temps, d'où la nécessité de s'organiser un minimum! C'est super stimulant, et mes rapports avec mes donneurs d'ordre sont aux beau fixe (pour l'instant...boah y'a pas de raison!).

Sur le chemin du retour, je fais des petites courses pour le soir. Au Japon, on a plus tendance à faire des courses quotidiennes plutôt qu'un gros plein des familles comme on les aime chez nous, car la nature des produits ici est telle qu'ils doivent souvent être consommés dans la journée (produits à base de poisson frais, lait fermenté,...), et peu de produits sont proposés en boîte, sous vide etc... D'ailleurs les japonais sont tellement pointilleux sur la fraîcheur de leurs étalages qu'arrivé en soirée il n'est pas rare de voir des prix sacrifiés sur certains produits, quand bien même ils sont loin d'avoir dépéri et sont encore des produits de fukushima parfaitement consommables. 

J'ai pris pour habitude de me poser à la borne d'arcade du coin et de claquer ma petite monnaie dans des ptits jeux sympas qui permettent de déstresser, et de mettre un terme au mythe comme quoi les Japonais la mettent à n'importe qui aux jeux vidéo, c'est loin d'être le cas, ce qui n'arrange pas l'irrévocabilité de cette vérité implacable qu'il se pourrait que je sois effectivement un GROS GEEK. Enfin, juste des restes hein. Ca fait un moment que j'ai pris ma retraite. Cécile joue sûrement plus que moi (ce que les Sims font subir à la gente féminine...).

Pour ce qui est des petites anecdotes:
J'ai assisté à mon premier cours de langage des signes japonais. Fort intéressant, on a appris à se présenter, et dire son nom notamment. Comme j'étais le seul troublion à ne pas avoir de nom à base de caractères chinois, et qu'il était donc impossible de le transcrire en signe (ils miment la forme des caractères) il a fallu me donner un surnom... Je vous le donne en mille, tout le monde dans la boîte m'appelle maintenant "jonathan le goeland", et la gestuelle pour dire mon nom c'est d'enchaîner une forme de "J" avec son petit doigt puis de battre des bras pour simuler l'envol du fier oiseau... Donc du coup ça n'a pas raté, gros fou-rire dans la salle! Il faut dire ceci-dit que j'ai bien failli le leur rendre, leur fou-rire... En effet, au milieu du cours, je me suis pris d'une soudaine envie de faire un micro-point sur ma situation actuelle, c'est-à-dire celle d'être bel et bien en train d'assister à un cours de langage des signes en japonais. C'est quand même tellement aléatoire de penser qu'un jour je me retrouverai dans cette situation, et déjà que je trime bien avec la langue parlée, je me retrouve à faire des grands gestes approximatifs à des collègues japonais qui n'y comprennent pour le moment eux mêmes pas grand-chose. "Mais comment j'en suis arrivé là, qu'est-ce qui dans le déroulement de ma vie m'aura conduit à cet instant, moi, en train de gesticuler en langage des signes de la langue la plus exotique du monde"... J'ai tant bien que mal réussi, par je ne sais quel miracle, à refouler ces velléités véhémentes de gros fendage de margoulette irrépressible. J'ai juste pouffé, une fois. Et je me sens déjà assez mal et honteux avec ça! Mais c'était vraiment plus fort que moi...
En tout cas, tout ça pour dire que c'est incroyable ou la vie peut vous porter, et être confronté à une situation aussi inédite et insoupçonnée m'a fait prendre conscience de la richesse de ce monde!


Et aussi, il faut que je vous dise: on m'a filé un projet monumental au taf! On m'a mis en charge d'un événement appelé "Family Day", qui consiste à faire venir les conjoints et enfants des employés et de leur faire découvrir les locaux, rencontrer le CEO,... et on m'a mis en charge de superviser la visite! Je vais devoir notamment expliquer aux enfants ce qu'est le concept d'assurance, les bienfaits que cela est censé procurer à la société, et en gros faire de la bonne grosse lèche à AXA sur le fait qu'ils sont engagés dans cette mission de protéger les gens des intempéries de la vie. En sus, je vais devoir leur préparer un quiz avec des cadeaux à la clé pour ceux qui répondent juste. On m'a aussi demandé de leur raconter des petites anecdotes sur les différences entre français et japonais, sur mon acclimatation au Japon et à une équipe japonaise, etc...  Ca promet! Mes supérieurs ont suggéré que ça pourrait être intéressant qu'un Français soit en charge de ce genre d'événement, que ça susciterait leur curiosité quant à leur ouverture sur le monde, et que le décalage créé assurerait selon eux l'ambiance! Faut dire que je suis super honoré qu'on me donne de telles responsabilités, ça veut bien dire qu'on me fait confiance et qu'ils considèrent que mon niveau en japonais est pas trop dégueux!:D Alright!

Et enfin, la petite remarque qui sert à rien:

Vous allez voir, c'est débile.
Parfois, c'est inévitable et humain, il m'arrive d'avoir un tantinet le mal du pays, je conçois que c'est un peu exagéré comme réaction, après tout je ne suis qu'à l'extrême opposé du globe terrestre, mais que voulez-vous, je suis sensible!
Du coup quand je veux me rassurer et me morfondre dans la nostalgie et retrouver le doux parfum de ma patrie, j'écoute ou je regarde des trucs qui me rappellent "la maison", OR! Et c'est là que c'est bien débile, quasiment tout ce qui me rappelle mon chez moi, mon petit jardin secret, c'est des trucs japonais, passé de geek/otaku oblige...Donc pour résumer, je soigne mon mal du pays par des trucs qui viennent du pays qui me file le mal du pays et que j'essaie donc d'oublier! :D

Comment est-ce possible?
Vous avez 4 heures.
Voici quelques exemples d'auteurs sur lesquels vous pourrez vous appuyer pour étayer votre argumentation:
Nietzsche, Kant, Freud, Platon 

Ca n'a strictement aucun sens!
Mais c'est comme ça! :D 

 
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Pour finir, quelques photos et vidéos sur mon périple à Akihabara, temple du manga, de l’électronique et des jeux-vidéo (en d'autres termes, le paradis sur terre pour les nerds, geeks, et autres otakus, dont je ne fais absolument pas tant que ça partie!)

Mais quoiiii, c'est CUL-TUREL, on vous dit!

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 Sur le chemin du quartier d'Akihabara!

Akihabara!
(âmes pures, passer les 5 dernières secondes)


vendredi 6 juillet 2012

Jour 11 - Providence et langage des signes

Coucou les amis!


Un petit post pour se faire un petit débriefing de cette première semaine de boulot, bien chargée ma fois, d'où un léger manquement à mon engagement à publier des news quotidiennes ("léger"...A peine Germaine!).


Tout d'abord, commençons par l'essentiel: tout se passe nickel de chez nickel-chrome, et je ne pouvais pas espérer mieux en terme de facilité d'adaptation à la boîte. Tout le monde est super cool, et mes supérieurs se relaient sans se superposer pour me donner du boulot de manière soutenue, mais sans que je sois jamais débordé par les événements. Mais au quoi, qu'est-ce donc que c'est que ce taf qu'on me confie?
En fait, c'est à mille lieues de ce à quoi on m'avait préparé (conception de fichiers excel pour gérer les salaires de employés et autres données...), et tellement plus intéressant et cerise sur le gâteau, juste exactement conforme à mes domaines de compétence, surtout les langues ("ouiiiii parceque j'ai plusieurs domaines de compétence hein,....On va pas épiloguer!" dixit Norman).


Donc, comme dans un rêve, suite à un repas d'accueil avec une des mes chefs, comme j'ai bien insisté sur le fait que j'adorais les langues et la traduction en particulier, elle m'a fait savoir qu'ils recherchaient justement quelqu'un maîtrisant les trois langues employées dans la boîte, à savoir évidemment le français, l'anglais et le japonais, une espèce de plaque tournante en quelque sorte.
Du coup, je me retrouve avec tout plein de projets de traduction, pour le moment du jap à l'anglais, le pied intégral pour moi! D'autant plus qu'il s'agit de sujets très variés, allant d'articles du journal interne à AXA traitant de la condition des handicapés dans la société japonaise et les services qui sont mis à leur disposition (c'est là que l'on voit à quel point le Japon possède cette qualité humaine inégalée, avec tous les dispositifs proposés aux personnes âgées, malentendantes...), aux rapports de performance de la boîte, en passant par des présentations powerpoint, etc...


Après le premier jour j'ai eu une petite frayeur: après m'avoir assigné mon premier travail de traduction donc, à la suite d'un feedback de la part de ma chef somme toute tout à fait honnête mais pas non plus élogieux, avec pas mal de remarques sur la terminologie propre à la boîte, à laquelle je ne suis évidemment pas encore accoutumé (y'avait pas mal de trucs à revoir donc), v'la qu'on me confie la tâche plus-hardcore-stagiaire-larbin-tu-meurs, d'effectuer des photocopies de catalogues en masse! Rien de bien choquant en somme, mais je ne peux m'empêcher de craindre que ma chef ait considéré que je n'ai pas le niveau pour la traduction, et qu'après seulement une journée me voilà tombé en disgrâce aux yeux de mes donneurs d'ordre! D'autant plus que les travaux d'impression auront duré toute l'après-midi, et que ceux-ci furent entrecoupés de requêtes consistant à descendre des colis au service postal (petit clin d’œil à ma super carrière de postier!).


Mais rassurons-nous, et mettons fin à ce suspens infernal (mouaaaais!), il n'en fût rien! Le lendemain ma chef a débarqué à mon bureau en lâchant une grosse liasse de docs à traduire, ce qui allait m'occuper pour toute la semaine! Elle me confia même qu'elle espérait que l'on ne me donnât plus ce genre de choses à faire à l'avenir... OUF! C'est bon, je suis toujours dans le coup. Et plus si affinités: ça m'étonne un peu, mais on m'a donné de drôles de responsabilités, logiquement pas trop destinées à un petit nouveau stagiaire qui ne comprend rien. Notamment, on m'a demandé de superviser une petite réunion qui consistait à passer quelques vidéos sur un projo afin d'informer des employés sur des nouvelles mesures. Certes, il s'agissait juste de dire bonjour, faire l'appel et lancer la vidéo et basta, mais quand même, ça fait bizarre! Et avant-hier, le truc de dingue, ils m'ont confié des entretiens en anglais avec une dizaine d'employés qui souhaitent suivre un programme de formation à Singapour en anglais, et à qui on demande donc d'avoir un bon niveau d'anglais, ce que j'étais chargé de juger! Le truc de fou, moi, 4 jours dans la boîte, en train de décider du sort des gros pontes de la boîte quand à ce stage de formation qui parait-il leur permettrait de prétendre à des promotions... Le pire c'est qu'ils étaient trop stressés les mecs (et moi aussi pour le coup...), mais j'ai tenté de les mettre à l'aise en racontant des anecdotes sur mes aventures d'installation à tokyo. Évidemment, je n'en ai pas recalé un seul, de peur de me retrouver avec les yakuza sur le dos, car ces mecs là ont sûrement des relations avec la pègre. Il parait que tout ce qui brasse un minimum d'argent est mêlé à des combines avec cette main de l'ombre qu'est la mafia japonaise... Nan mais je fabule! Et je m'écarte du sujet!


Il faut voir l'affluence des employés le matin à 9h, des centaines à s'engouffrer dans la porte d'entrée à la minute, il faut venir un peu à l'avance car y'a une queue monstre pour prendre l'ascenseur! Tout le monde en file indienne bien rangée à attendre patiemment les gros montes-bétail. Tiens d'ailleurs, une petite anecdote qui vient donner un tacle à la gorge à un cliché: celui-ci de l'occidental qui dépasse tout le monde dans un ascenseur japonais plein à craquer. Vous avez l'image en tête n'est-ce pas? Et ben là il y avait une japonaise qui me dépassait facilement d'une tête! Vala, faut pas se fier aux idées reçues! (bon j'ai failli marcher sur la collègue devant moi en sortant mais enfin...! ooooooh). Sinon on est tellement serrés là-dedans, pas intérêt de trop transpirer, moi qui me tape une demi-heure de vélo sous une chaleur qui va n'avoir de cesse de s'affirmer de jour en jour, va falloir préparer les serviettes rafraîchissantes! :D


Le midi, je prends un petit bento acheté le matin et je me pose au comptoir de la salle de repos, en face d'une grande baie vitrée qui offre une vue panoramique splendide de la ville (défenestration à la Amélie Nothomb, check!).


Tous les mercredi soirs, je me suis inscrit à un cours de langage des signes japonais, car dans le cadre de la démarche de responsabilité sociétale de la boîte, AXA s'est engagé à employer des personnes souffrant de toute sorte de handicaps, dont notamment la surdité. Et on est souvent amené à interagir avec eux (tout le service postal), donc ces cours sont fortement recommandés! Déjà que je rame bien avec le japonais parlé! Là je crois que y'a pas plus exotique comme compétence. Sur le CV: "langage des signes japonais maîtrisé". Embaucheur: "mais qu'est-ce que vous attendez de nous au juste, monsieur? J'ai peur de ne pouvoir répondre à vos attentes". "Et sinon, pas de pizza à livrer?"


Dans quelques minutes je me mets en route pour aller rencontrer une connaissance de mon beau-père (cheers, Mr. Simple), Adrian, qui m'a pas mal aidé par mail avec des conseils sur comment trouver un logement. On va se faire un ciné avec sa famille, puis sûrement un petit resto (le dernier Spiderman en japonais, folklo ou pas?).


Je dois donc couper court à ce petit rapport, car je dois encore analyser le lieu du point de rendez-vous, car grosse pince que je suis, hors de question d'y aller en métro... Ce serait trop facile!

lundi 2 juillet 2012

Jour 6 - Appréhension et délivrance

Aujourd'hui, réveil en STRESS. Ca y est c'est le grand jour là! Allez hop j'enfile mon costard que j'ai oublié en Bretagne (une chemise suffira largement), et je noue presto ma cravate en 37 minutes, je me fais engueuler par le voisin car j'ai parqué mon vélo sur SON espace rien qu'à lui, et je m'élance vers mon avenir! 10 mètres plus loin, petite pause breakfast: croissant au fromage et lardons, le tout en sachet siouplaît!
Allez cette fois c'est la bonne! J'ai fait l'erreur de passer par le marché de poisson le plus grand de Tokyo, j'ai eu peur pour ma fraîcheur en arrivant, mais j'ai pas eu de réflexion, en même temps c'est pas ici qu'on vous dira les choses en face! J'avais prévu une heure pour arriver au taf, histoire de partir serein. Normalement si tout va bien je mets une petite demi-heure... Et ben j'ai bien fait de voir large! Je me suis re-perdu et ça m'a pris une petite vingtaine de minutes pour retomber sur mes pattes! Petit trip d'angoisse, mais je suis finalement arrivé avec 10 minutes d'avance.


Je me fait accueillir par une guide qui m'attendait. Elle m'emmène jusque dans une salle de réunion, où sont assis des employés fraîchement embauchés! Je vais assister à la réunion de présentation de la compagnie. C'était pas de la tarte! 4h à parler de la boîte sous toutes ses coutures, avec des types qui avaient une de ces prestances... Proche de la quarantaine, on sentait qu'ils avaient de la bonne carrière de corporate derrière eux, c'était juste intimidant de devoir parler avec eux de la position d'AXA dans la conjoncture économique actuelle du Japon et du monde (sans déconner)... Car ils ponctuaient chaque aspect de la présentation par des ateliers de conversation! Le flip!
Mais ça s'est pas trop mal passé finalement, je m'en suis tenu à des grosses généralités avec des phrases de débutant histoire de pas me ridiculiser avant même d'avoir commencé. A la fin on a même eu droit à un examen de mise en situation, wouah les fous eux! Ca ressemblait pour ainsi dire à un entretien d'embauche de groupe! Mais à midi, délivrance, on me dit que je peux y aller, les stagiaires n'ont pas à suivre le reste de la réunion. Ouf! Un peu raide ce début, mais finalement sans embûche!


Pause déjeuner, royal!! Une employée de mon département (ressources humaines) vient me chercher (la classe), et m'offre un repas de bienvenue dans un resto italien à deux de la boîte. Nan mais tu le crois ça?? Décidément ils se sont tous passés le mot pour me m'offrir des gueuleton gratos! Franchement, grand standing! Je suis assez à l'aise et on parle de choses et d'autres de manière décontractée, je réalise que j'ai franchi un pas dans le relâchement de ma tension au moment de construire une phrase. C'est vraiment, vraiment pas encore ça, mais tant que ça s'améliore, dans trois mois ça devrait le faire!


14h, début de mon vrai travail! On me mène à mon bureau, situé dans une grande salle ouverte, on a vue sur tous les employés du département, l'ambiance est détendue et il y a un petit brouhaha qui me met plutôt à l'aise. Je m'imaginais vraiment le truc bien austère. On m'a présenté à TOUT LE MONDE, j'ai dû me courber au moins 700 fois, à peu près 50-60 personnes dans la salle, et ma guide m'a présenté individuellement à chaque employé! C'était un peu ridicule à la fin, mais c'est le protocole, et je dois avouer que c'était très flatteur de tous les voir s'arrêter de bosser pour me saluer chaleureusement, je savais plus où me mettre à la fin, à briser le rythme comme ça (j'ai dû faire baisser le chiffre d'affaire du jour de 20% facile). Le truc qui me chiffonne un peu: c'est une française qui est assise à côté de moi! J'ai fait 13000 km pour bosser avec une française, bordel!:D
Elle est super cool au demeurant, et ça fait quand même du bien de pouvoir papoter un peu dans sa langue, j'ai l'impression de respirer un peu. Elle m'a appris plein de trucs sur la boîte, notamment qu'il est possible de faire des heures sup' payées, à voir! Elle est là depuis un mois, et pour l'instant elle n'a pas eu des quantités faramineuses de boulot, ça me rassure un peu. Elle parle pas du tout japonais mais se débrouille avec l'anglais pour communiquer!
Comme au Japon la tradition veut que l'on fasse des cadeaux aux gens qui nous rendent des services, j'en ai acheté à tous les employés avec qui j'ai communiqué par mail depuis la france. Je leur ai pris des palets bretons, achetés dans une épicerie à Tokyo... Le foutage de gueule quoi (bon et des chocolats Lindt aussi faut pas déconner...achetés dans une épicerie à Tokyo). Ben oui mais bon j'avais vraiment plus un pet d'espace dans mes valises aussi!


Ah, la ptite bricole qui fait plaisir! Après dix ans, je vais peut-être me remettre au karaté! Ils ont un partenariat avec un club et pas mal d'employés y vont le soir, juste histoire de faire un petit clin d’œil à un rêve de gosse de tâter du dojo authentique! Par contre j'ai juste tout oublié :o


Je suis reparti la tête abasourdie par tant de personnes rencontrées et le stress est tranquillement retombé pour laisser place à une belle sensation d'apaisement :) Ca y est, plus d'inconnue majeure à court terme, je commence à me sentir dans mes pompes dans c'te ville! La petite salle d'arcade sur le chemin du retour saura me faire évacuer le stress de la journée!

Comme je vais à présent plus avoir une vie d'employé de bureau que de reporter sans frontière, et que je vais rentrer dans une routine plus ou moins intéressante à bloguer, je vais peut-être réduire un peu la fréquence de mes posts, mais je me rattraperai le week-end pour sûr!!




Vue de l'appart'

dimanche 1 juillet 2012

Jour 5 - Tenu au sec par les dieux de Yamato!

Aïe! Dernier jour de répit :D
En même temps j'ai quand même bien hâte de commencer mon contrat, c'est que je suis un peu là pour ça! Et puis je vais enfin pouvoir vraiment commencer à interagir en japonais, sur le long terme. Hâte de voir ce que ça va donner! 

Allez hop, dès le réveil, rien de tel qu'un bon footing du dimanche avec le père David pour se mettre une gouache de tous les diables! On est allé au parc d'Hibiya, à un ou deux kilomètre de nos apparts, plutôt sympa comme endroit, de beaux petits étangs et une fontaine immense au milieu!

  
Sur le chemin du retour, petit passage par le quartier Ginza, temple du luxe fréquenté par ceux de la haute.


Il fallait nous voir sapés en joggeurs très français entouré de tous ces costards et tailleurs. 
C'est rigolo de constater à quel point la France a la côte au Japon. Dès qu'il s'agit de faire valoir l'aspect "luxe" d'un produit, on l'affuble d'un nom français, presque systématiquement (par contre faut voir les fautes de goût voire d’orthographe, ça fait un peu tâche et ça ruine carrément le cachet pour un natif pour le coup!).
Bon David et moi, on mettait un coup dans le pif au mythe quand même là avec nos t-shirts suintants!

"Sur le devant de la mer, je ne reste que sur le devant de la mer"
(Ce qu'on a pu lire sur un sac de luxe, tentative poétique)
C'est beau, on est transporté par tant de lyrisme!:D

On a brassé chacun de son côté durant l'après-midi, de mon côté il me restait quelque chose d'important à régler avant de commencer le taf... Repérer l'itinéraire pour m'y rendre à vélo, ah ba tiens c'est vrai que ça pourrait éventuellement ôter un peu le stress de demain! En voilà une idée qu'elle est bonne (tu m'étonnes Elton). Bon le truc qui fait plaisir c'est que j'ai embarqué tout le matos pour estampiller le blog, reflex, caméra, l'armada quoi!

Je suis passé par une petite ruelle qui débouche sur un temple shinto bien caché!

 Mode d'emploi de poche: passer en boucle trois fois dans le cercle de paille pour se purifier, aller jusqu'à l'urne, hop une courbette, hop une petite pièce en offrande, hop je tire une corde pour faire sonner la cloche et réveiller les dieux qui habitent les lieux afin qu'ils exaucent ma prière, se courber deux fois pour les saluer, joindre les deux mains et se concentrer sur son voeux et se courbant légèrement en avant les yeux fermés, quelques secondes de méditation, hop je me relève et je re-salue une dernière fois avant de me retirer, avec une aura de spiritualité qui m'accompagnera toute la journée (et un bon présage en poche, voir plus bas le paragraphe sur les "omikuji")!





 Je poursuis mon chemin le long du canal :)

 Ooooooooooh un traiiiiiiiiiiiiiiiiiiin <3

Ca vous dit un ptit tour en vélo sur le chemin du taf?
Suivez le guide!

J'ai tellement l'air bourré dans les premières 5 secondes :D

 Je voulais juste vous montrer un autre petit clip pour vous permettre de réaliser la longueur d'attente aux passages piétons: vous voyez les barres rouges qui diminuent? Comptez le temps que ça met entre chaque, et multipliez par leur nombre...Ca laisse le temps de prendre un café, voire de perdre une journée pour certains carrefours!

Le truc qui fait moins plaisir: c'est encore la saison des pluies au Japon en ce moment (encore une poignée de jours), et alors que jusqu'ici les premières journées le faisaient un peu oublier, la flotte s'est bien rattrapée aujourd'hui, et arrivé à mi-chemin, un déluge torrentiel s'abat sur la capitale, de la bonne grosse gouttelette tiède qui fait plaisir! Là où ça devient sympa c'est qu'il s'est mis à tomber pile quand je passais à côté d'un temple Shinto, et je m'y suis réfugié pendant une bonne heure et demi à attendre que ça se calme, ce qui ne s'est pour ainsi dire jamais produit (ah ba c'est sûr que ça s'appelle pas la "saison des pluies" pour rien en même temps hein...), du coup je suis allé acheter un parapluie dans le konbini du coin (ils ont tout là-dedans vous dis-je!), et je me suis remis en chemin, avec un taux de zig-zag augmenté de 300% du fait de tenir le parapluie avec une main!



Site notable #2: Temple shinto dont j'ai omis de relever le nom, mais que l'on baptisera:

防水神社 - Bousuijinja
 "le temple qui protège de la pluie", tout simplement!


 Les petits noeuds de papiers qu'on aperçoit à droite sont des "omikuji", qui contiennent des présages. On en tire un au hasard dans une petite boîte. Si le présage est mauvais, on l'accroche normalement à un pin près du sanctuaire pour conjurer le mauvais sort! On consulte l'omikuji pour des occasions telles que mariage, voyages, jour de l'an, naissance, etc...)




 Des "ema", vœux & prières que l'on écrit sur une plaquette de bois et qu'on accroche à un petit portique près de l'entrée principale

 Je remercie de tout cœur l'enceinte sacrée qui m'aura évité une sacrée rhino!



Enveloppé et bercé par une atmosphère très mystique pendant un doux moment de calme et de plénitude!:)


Tout petit point sur la religion au Japon: 
Le shinto, c'est la religion mi-polythéiste mi-animiste proprement japonaise, qui co-habite avec le bouddhisme dans la plus grande harmonie. Les temples rattachés à la religion shinto (plutôt dits "sanctuaires") sont appelés "jinja", ils sont souvent de couleur orange, alors que les temples bouddhiques sont eux souvent rouge, comme vous n'avez pas pu le constater dans le premier temple en pierre "pas-rouge-mais-pas-du-tout" que je vous ai montré... Hum, oui bon ba y'a des exceptions quoi :D On dit souvent qu'un Japonais naît bouddhiste, se marie chrétien, et meurt shintoïste car chaque étape est célébrée par des cérémonies propres aux religions respectives (70% des cérémonies de mariage sont aujourd'hui chrétiennes au Japon! Tu vois les chapelles en carton par contre, tu meurs!). La religion shinto aide plus dans la traversée de moments de souffrance alors que le bouddhisme lui est surtout utilisé pour les célébrations. Le christianisme est quant à lui employé pour faire la guerre et brûler des gens.



 Robe de mariage shinto!

Il me faut environ 25 minutes pour faire le trajet en vélo, plus rapide qu'en métro qui en prend 35! Et qui plus est, gratos et garant d'une bonne santé physique au quotidien, merci à toi kurukuru!:D


Attention, là ça envoie du lourd, mesdames et messieurs:



Et voilà la p**** de tour dans laquelle je vais bosser pendant trois mois, au 35e étage, autant dire quasi-tout en haut! 
Ah nan mais je passe d'étudiant avec vêtements troués et sac qui balaie le sol à corporate executive à Tokyo mec! C'est fou la vie! Bon après je suis qu'un stagiaire hein, à d'autres les corporates qui préparent le café et tournent les pages du calendrier! 
 *descend de son petit nuage*

Sur le chemin du retour, j'ai emprunté des petites ruelles sympa pour changer l'ambiance un peu froide des grandes artères.



Et cette pluie qui n'en finit pas :)
Et ce soir, après des bons ptits sushis à l'épicerie du coin (ici manger des sushi c'est comme se faire un paquet de chips), soirée studieuse à potasser un peu ce qui m'attend demain!

Demain, c'est officiellement le baptême de feu de ma cravate, avec tout le symbolisme qu'elle comporte (good and bad)!

M'enfin, faut bien gagner sa vie! 

ps: es-tu bien arrivée au pays des skaters pti loup?
<3







samedi 30 juin 2012

Jour 4 - coma matinal et arrivée d'un compatriote!

Mais je ne comprends pas, un coup je me réveille à 6h, et là, va comprendre, un gros 12h dans ma face! J'ai le rythme du sommeil à la rue, mais propre! Du coup une demi-journée un peu bancale que je décide d'entamer par un petit tour au konbini du coin pour y dégoter un petit bento (petit plat préparé à l'avance dans une petite boîte qu'on emporte au travail, à l'école...) à becqueter:


Le truc non-identifiable à droite c'est en fait une espèce de surimi en forme de pousse de bambou! Je poursuis ma quête des saveurs inconnues, la texture est très particulière aussi, un surimi en plus caoutchouteux, pas désagréable, et très "oishii"! ("bon", un des mots les plus entendus de la langue de kurozawa!). A gauche, sont-y pas mignons leurs petits sandwiches :D Classique jambon œuf concombre radioactif (testé lumière éteinte, c'est phosphorescent).
Je vais tâcher de continuer à vous parler de ces plats exotiques que j'essaie de présenter à mon métabolisme d'une manière diplomate. En tout cas tous ces goût et textures inédits, encore un aspect qui renforce l'impression d'appartenir à un autre monde.



Mais au fait, j'ai oublié de vous présenter mon super nouveau vélo! :D
Je l'ai baptisé "kurukuru", l'onomatopée en jap pour dire "tourner sur soi"


J'ai mis un bon quart d'heure à trouver comment relever la béquille, faut toujours qu'ils rajoutent un trucs qui fait "mieux fini", là en l’occurrence un loquet de sécurité qu'il faut relever avant de la plier. J'ai dû appeler le vendeur pour qu'il me montre... Je me suis senti grand et beau, et un peu seul aussi! ~.~v


Pour rester dans le registre des forces de l'ordre, voici à présent les agents de la circulation!
 Présents à quasiment chaque passage piéton. Ils agitent un bâton rouge qui clignote et veillent à notre sécurité avec la plus grande application. Ils sont très sympas et répondent très poli(ce)ment quand on leur dit bonjour, de plus, eux ne m'ont pas (encore) demandé ma carte d'immigration.


Et enfin, événement majeur de la journée, l'arrivée de ce bougre de David (un bon pote de promo) en fin d'après-midi!


Et alors? 20 heures de voyages et toujours clinquant! Mais quel est son secret?


Des retrouvailles célébrées par un bon gueuleton dans un izakaya où on a pu tester du coeur de poulet, et trinquer avec une bonne pinte de "biiru" (leur façon de prononcer "beer") en se remémorant notre année épique à Cergy ! On se lance des défis linguistiques nous obligeant à se sortir d'une situation embarrassante. J'ai marqué un point en appelant la serveuse "hey sister!" par exemple. C'est passé tout seul remarque! Ca se fait bien ici, très local! David a répliqué en négociant une carte de fidélité avec la caissière. Un demi point car il l'a refusée au dernier moment. Il a craqué!

Demain on se lève tôt et on va se faire un ptit footing dans le parc d'Hibiya, histoire de digérer les coeurs de poulet :s
Ce sera notre dernier jour de répit avant que les choses sérieuses ne commencent... Et oui on est avant tout là pour le boulot! Mon appréhension de me retrouver catapulté dans un bureau uniquement japonais trouve une légitimité peu contestable, cf. "Stupeurs et Tremblements" de la miss Nothomb!

Au fait, grand moment: j'ai ressenti ma première secousse! Très faible juste un tout petit tremblement de parquet, silencieux, quasi imperceptible. Étrange sensation!

Bon, le tremblement, c'est fait! A quand la stupeur....... 



vendredi 29 juin 2012

Jour 3 - Paperasse et menace d'expulsion.

Aujourd'hui, brassage de paperasse! Je m'attaque à l'administration nippone...

Au menu des réjouissances:
-Certificat de Résidence pour les Etrangers
-Compte en banque
-Téléphone portable
-Production et enregistrement d'un hanko 

FINI LES CONNERIES.

(un hanko c'est un sceau constitué de son nom en caractères japonais entouré d'un petit cercle rouge, qui remplace notre bonne vieille signature, on l'utilise pour signer toute sorte de documents)
(Au fait si vous venez au Japon avec l'intention de pénétrer leur système, prévoyez des photos d'identité à l'avance, ils en demandent pour tout, et ça coûte un bras: 1500 yen pour 2!)



La classe non? Bon là c'est celui de "Da-ni-e-ru", alias Daniel. J'ai pas pu faire finir le mien encore :)


C'est évident qu'un français trouvera l'administration japonaise très, très rapide, mais dans l'absolu ça doit plus ressembler à une vitesse RAISONNABLE. Quand j'ai pris mon numéro 33, ils en étaient à 21. Selon mon vécu, j'ai tablé sur une attente d'allez, 30 minutes (effort de générosité envers sa patrie! Estimation basée sur les performances de la CAF, la France ne part pas gagnante dans cette comparaison MAIS BON, restons impartiaux), ça n'en aura finalement pris qu'une petite dizaine, lié au fait qu'il y a beaucoup de comptoirs, et qu'ils sous-traitent la demande à une bonne quarantaine de personnes qui speedent bien comme il faut derrière (ils vont plus vite que la CAF tiens), ils bossent en "open-office" donc on a une jolie vue sur tout leur système! Plutôt bien huilé André!

Du coup, rien de bien croustillant à vous raconter, ni de photo à vous montrer.




Ah si! J'ai une anecdote rigolote dans le sens où je suis passé à CA d'un rapatriement express dans mon doux pays. Quand même!

Le début de cette petite (més)aventure amène une autre nouvelle: je me suis finalement procuré un vélo, tout rouge! Mais au magasin, pas chez un particulier, car ce gentil monsieur dans toute son affabilité (lire "ce gros con")!, ne m'aura pas pardonné mon retard et l'aura vendu presto à quelqu'un d'autre malgré mes messages d'excuses répétés envoyés depuis un cyber-café trouvé à l'arrache 5 minutes MAXI après m'être perdu...











Bref! Tout fier avec mon zoli vélo tout neuf j'arpente avec entrain le chemin, en retrouvant les joies de la conduite à gauche d'ailleurs! Tout un code à respecter au guidon à Tokyo au fait, ils m'ont filé un livret expliquant les règles de bonne conduite, pas du luxe car c'est vrai que ça peut vite devenir la foire avec tous ces piétons et cyclistes qui débaroulent de partout.
Bon alors j'arrive à la chute de mon récit laborieux: 

v'là ti pa que j'me fait coincer par la flicaille alors que je roulais en toute sérénité! Contrôle d'identité, monsieur! 
Ah ba en v'la de l'immersion en barre!








Et puis musclée l'intervention, deux types (à vélo d'ailleurs), qui se mettent en opposition.

Je te les ai largués ces cons! 

Non bien sûr je ne trimballe pas mes bijoux de famille sur une charrette. Elles sont interdites à la douane!

Bon, Tout penaud que j'étais, j'ai bafouillé une bouillie de sons approximatifs qui s'apparentaient à tout sauf du japonais. Ils m'ont demandé mon certif de résident étranger. LE COUP DE BOL, je l'avais fait juste là en début d'aprèm. Sans quoi ba, je n'ose imaginer ce qu'il aurait pu m'arriver, avec toutes les histoires pas toutes joyeuses que j'ai entendues sur la rigueur et l'implacabilité de l'immigration au Japon. 


Touristes qui assistent à un contrôle d'immigration


Le fait qu'ils m'aient arrêté moi et pas l'autre taré (qui m'a enrhumé à me passer à raz du pif à toute vitesse sous les yeux des officiers, ndlr) pourrait-il trouver sa source dans un relent de douce xénophobie refoulée? Ah nan mais j’alimente le clicheton là ça ne va pas du tout! Non mais en fait on est d'accord, ça vaut pour tous les pays que les flics penchent plutôt à droite. Or la droite japonaise un peu forte c'est ceux qui revendiquent encore la voie du samurai, celui-là même qui aura contraint le pays à s'isoler et refuser tout contact avec les étrangers pendant deux siècles il y a un certain temps déjà (400 ans, prescription monsieur le juge là!). Mais je dis ça, j'dis rien!

Au final ils m'ont fait un beau sourire après avoir vu ma patte blanche qui brille (et tremble un peu), m'ont félicité pour l'incroyable niveau de fou furieux que j'ai en japonais (il suffit de dire 'bonjour' pour avoir une pluie d'éloges, c'est mignon!:)).Ca m'a un peu calmé, je me suis arrêté prendre un ramen dans une échoppe pour retrouver un peu de baume au cœur, et je suis rentré tranquilou le long de la rivière, avec une vue imprenable sur la baie de Tokyo! C'est ça qu'on veut! (plus de photos demain probablement!). C'est marrant le degré d'interaction que j'ai avec le corps policier, quand je rajoute le coup des kouban. Je dois être fiché ("le gaijin qui se perd tout le temps et qui sa carte de résident étranger").

Je finirai par dire que je pense TRES TRES fort à ma chérie qui prend l'avion demain, et s'envole elle aussi pour des aventures qui promettent d'être exotiques! Et j'en profite pour lui dire qu'elle me manque plus que tout. On va vivre des trucs super forts tous les deux de notre côté, et on pourra pas les partager :'( Le couple de taré, 18 heures de décalage quoi! Mais finalement pas si loin l'un de l'autre, bien qu'on soit aux antipodes... La magie de cette sphère de Terre!:D


Chez Toi, Le soleil se noie
Chez moi, il naît.

Vacherie!

jeudi 28 juin 2012

Jour 2 - De l'utilité du kouban...

Alors voilà l'objectif pour aujourd'hui: se procurer des occasions de parler Japonais, parce qu’on est quand même un peu là pour ça, pardi!
Pour cela, rien de tel qu'un bon vieux jeu de piste des familles qui va bien. L'idée a été de regarder très vaguement l'adresse à laquelle je dois réceptionner le vélo, et de partir à la semi-aveuglette, afin de me forcer à solliciter (lire "agresser verbalement")  les passants autour de moi pour orienter mon chemin. Rien de tel que d'être au pied du mur pour se dépatouiller!
Ce faisant, j'ai pu faire la connaissance de nombreuses personnes choisies au pif (c'est-à-dire en fonction de leurs mensurations...haha, non, comme l'expression l'indique, je les ai donc choisies en fonction de leurs nez). Bon j'admets que se perdre était un peu volontaire mais là franchement je me suis étonné à être autant une grosse bille en orientation. Faut dire que le système des adresses au Japon est tout de même très TRES différent du notre (pour faire court, ils se situent par blocs de quartier et de pâtés de maison, alors que nous nous repérons en fonction des rues et avenues etc...). C'est là qu'entre en jeu un dispositif assez pratique, j'ai nommé...


\^.^ les kouban ^.^/
Il s'agit de petits postes de police situés à certains carrefours, dont le rôle est (entre autres mais majoritairement) d'aiguiller les âmes perdues. Autant dire qu'elles ont aujourd'hui reçu leurs lettres de noblesse , et je note avec beaucoup d'admiration la gentillesse et la patience avec laquelle chaque agent nous vient en aide, jusqu'à passer plusieurs minutes sur un plan et envoyer des coups de fils aux collègues. Ben ouais faut croire que c'est un quartier paumé je te dis pas l'investigation! Tous ces efforts portèrent enfin leurs fruits lorsque j'arrivai au niveau de la sonnette... 

"piiimm pooom"
 (oui c'est le bruit que font les sonnettes ici). 
......

Re-piim pom
trois fois
et re 
et re-re. 

Bon vous l'aurez deviné hein, j'ai tué le suspense dès les "......" donc pourquoi s'obstiner je vous le demande! (voix de Léodagan, pour ceux qui connaissent)

Personne. Le type m'a largué un lapin bien propre!

En même temps, il a des circonstances atténuantes: j'avais 2 heures de retard sur le rendez-vous. Je suis donc rentré bredouille, et viens à l'instant de lui envoyer un mail pour fixer un nouveau rendez-vous...En priant pour qu'il ne l'ai pas refilé à quelqu'un d'autre entre temps!

En fait d'une expédition en apparence assez fortuite, cette escapade s'avéra un excellent exercice de communication, et je pense pouvoir dire que j'ai probablement plus parlé japonais aujourd'hui que durant tout le reste de mon existence!:D Ça commence à s'assouplir doucement, ça gère Albert!

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Ah ba en fait ils tirent la tronche là aussi.
Tu me diras, en quoi on se devrait d'être jouasse en prenant le métro.
"OH YES LE METRO WOO!!!!!!!!!!!!!!"
Faut arrêter.
Par contre, remarquez le coup de Monsieur Propre, aaaah on est pas dans un certain "RER B" (allez je balance les noms tiens).

La petite bricole made in Japan en plus qui fait plaisir: les deux traits verts perpendiculaires diminuent pour indiquer le temps avant de lâcher le troupeau de piétons
Ah j'oubliais, ils ont ça aussi à Vern!! ;)
Sinon j'ai jamais vu des feux aussi longs. S'il vous arrivait le malheur de rater le vert de peu, c'est foutu, votre soirée tombe à l'eau.

Juste une taffe, une toute petite rechute....
Le starbucks (ou "staba" comme ils disent ici) c'est tabou, on en viendra tous à bout!

Des vitres flouées, *warning: remarque de geek* on a l'impression que l'immeuble a pas bien fini de charger! :D
Si vous ne comprenez pas, vous n'êtes pas un "geek". Félicitations!

Petit sanctuaire shinto de poche (le genre qui provoque ce type de réaction: "wow! Ici? Han")


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Le coin vidéo


L'appart


Rush hour

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Izakaya et pote!




Quoi de plus agréable qu'une rencontre complètement au pif autour d'une table... Je viens d'expérimenter un point crucial de la qualité de vie japonaise : la convivialité du dîner, où tout le monde se réunit dans un bon "izakaya" (sorte de bistrot/brasserie à la japonaise) bien de chez eux. Je m'efforce de manger dans les enseignes ou le menu n'est qu'en japonais, histoire de vivre le truc à fond quoi forcément (en sus de me la péter comme un beau petit salopard!)!
 ...


...
Bon alors je m'assois, j'empoigne avec fougue et détermination (agrémenté d'une pointe d'anxiété il est vrai) le fameux menu "kanjiesque", et évidemment je ne comprends pas tout, loin de là, d'autant que les caractères sont dessinés dans un freestyle ample et relâché.
Justement, je décide, pour le délire, de ne prendre que des trucs dont je n'ai strictement aucun commencement d'idée de ce que ça pourrait être, et ça a fait marrer le type à côté de moi.
...


 ...
On a commencé à discuter de tout et de rien, il me dit que c'est rare de voir des gaijin dans ce 'repère de local', et 20 minutes plus tard, au terme de quelques plaisanteries et un d'échange de 'meishi' (cartes de visites) bien senti, on se donne de se revoir autour d'une bière un de ces quatre.
 ...


 ...
Et clou du clou, il s'en va avant moi avec un petit sourire en coin, je demande mon addition, et là on me dit que le dernier client a réglé pour mon plat... Attends, sérieusement?? Je comprends pas d'où peut émaner un geste tant prégnant de considération, c'est qu'on ne se connaissait que depuis une petite demi-heure!
De quoi faire taire les quelques détracteurs qui soutiennent le clicheton complètement infondé que les Japonais n'aiment pas les étrangers...Non mais alors! 



Special thanks à my mum pour la qualité des cartes haha elles ont fait "impression" (sans mauvais jeu de mot).